La récente extension du site de plein air: à la découverte des plaisirs des bains et de mondes souterrains Depuis fin août 2000, le site des ruines s'est agrandi d'une nouvelle dépendance ouverte aux visiteurs. Il s'agit d'un établissement de
bains, le premier de la ville romaine rendu visible au-dessus du sol, et de l'ouvrage architectural qui a motivé l'installation de bains à
cet endroit: une fontaine souterraine entièrement conservée, avec son puits.
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RÖMERSTADT AUGUSTA RAURICA
Etablissement de bains avec fontaine souterraine
Bath-house with underground well-house
Badeanlage mit unterirdischem Brunnenhaus![]()
Plan Nr. 30 || Index A - Z || Infos
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Photo || Panorama
Augusta Raurica compte déjà trois grands "palaces de bains" publics, les thermes, un bain thérapeutique et quelques bains privés (balnea) dans les maisons des patriciens riches. Il s'y ajoute maintenant un autre établissement de bains, découvert en 1997. Il se trouve au nord-est du centre ville, dans la vallée du Violenbach, sur un axe de circulation important qui reliait le cœur économique et politique de la ville (le forum) aux quartiers plus écartés situés au bord du Rhin.
| Après s'être dévêtu, on passait dans le bain chauffé par une canalisation faisant circuler l'air chaud en sous-sol (hypocauste). Les visiteurs traversaient une petite pièce pour accéder au bain tiède (tepidarium) et ensuite, après s'être acclimaté à la température, au bain chauffé à 40-50° Celsius (caldarium). Les bains se terminaient dans un bassin froid de 3 x 3 m. Si le visiteur en avait encore le temps ou l'envie, il pouvait encore transpirer au bain de vapeur (sudatorium), comparable à nos saunas actuels. |
Hypocauste pour le bain chaud |
Au printemps 1998, lors de travaux sur l'emplacement des dépôts de l'entreprise E. Frey SA, un excavateur qui enlevait une couche de terre s'enfonça accidentellement dans un espace creux, événement qui marquait le début d'une grande découverte archéologique dans le sous-sol de la ville romaine!
Les travaux de fouilles effectués ensuite manuellement mirent à jour un curieux ouvrage couvert d'argile jaune, présentant trois ouvertures (photo à droite). A l'œil nu et à l'aide de caméras exploratrices, on découvrit une pièce fermée d'une voûte, qui n'avait pas vu le jour depuis 1700 ans.
De l'ouvrage souterrain, partiellement rempli de gravats, s'échappa un air pour ainsi dire "romain"
L'état de conservation sensationnel du bâtiment et sa forme inhabituelle firent rapidement réfléchir aux moyens de le préserver et de l'ouvrir au public. Grâce à la bonne volonté du propriétaire et aux démarches rapides de l'administration (administration cantonale, parlement cantonal, commune d'Augst), l'emplacement et l'ouvrage en sous-sol purent être acquis en 1999 par le canton de Bâle-Campagne.
En 1999, l'ensemble de l'ouvrage était dégagé des gravats. En 1998, l'ouverture du tunnel fut mise à jour, à partir de la fontaine souterraine (photo de droite) ...
| L'entrée du "monde souterrain" d'Augst après les premiers travaux de dégagement. | ![]() |
... dont la voûte s'était écroulée déjà à l'époque romaine (photo de droite). Le dégagement des ruines de la voûte donna les indices d'un véritable roman policier historique ...
... en effet, on ne découvrit pas moins de cinq squelettes humains, les os de plusieurs chiens et d'autres animaux (photo de droite) ...
| Des ossements humains et d'animaux sont mêlés dans le cône de gravats, entre eux un tambour de colonne faisant probablement partie de l'établissement de bains. | ![]() |
... et encore environ 6000 matrices d'argile cuite avec lesquelles on fondait la monnaie en grande quantité, vers le milieu du IIIe siècle (photo de droite). La fabrication de pièces de monnaies était certes tolérée à l'époque (on manquait de petite monnaie) mais tout cela ne semble pas avoir été très légal.
| Un assortiment de matrices de monnaies. Les monnaies datent de la première moitié du IIIe siècle, la plus récente ayant été fondue, selon les connaissances actuelles, vers l'an 246. | ![]() |
Les cadavres humains semblent avoir été sciemment cachés dans le puits, un os du moins présente une nette trace de coup. Le puits fut entièrement dégagé en avril et mai 2000 (photo de droite). On découvrit alors que le remblai contenait une véritable couche de cadavres d'animaux, entre des couches de décombres pouvant provenir de l'établissement de bains détruit.
Ce bâtiment fut édifié vers la fin du Ier siècle ap. J.-C. Au départ, il était constitué d'un tunnel à hauteur d'homme de 11 bons mètres de longueur, et d'une fontaine souterraine de forme ovale de 3,5 m de diamètre environ. Elle est construite comme les caves romaines avec de grandes niches murales et des conduits laissant passer l'air et la lumière depuis la surface du sol. On ne sait pas exactement à quoi ressemblait le premier puits. Celui qu'on voit aujourd'hui date d'une deuxième phase de construction.
Quelques générations plus tard, l'ensemble fut considérablement réaménagé, en même temps qu'était construit à proximité le grand établissement de bains: la fontaine fut dotée d'une voûte galbée en tuf.
La voûte s'élevait à 4 mètres au-dessus du sol de la pièce. Les conduits de lumière de la première phase de construction furent partiellement démolis pour laisser place à 4 bouches d'aération en forme de cheminée (en haut de la photo).
Le puits, dont la maçonnerie est réparée, est accessible en passant sous deux arches en tuf et devant un pilier central en blocs de grès qui valent le coup d'œil! La série de photos ci-dessous montre à quoi ressemblait l'ouvrage après le dégagement; comparez avec l'état actuel reconstituant les détails!
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| Nous apercevons ensuite la seconde arche ... | ... dans le puits maçonné. |
L'eau provenant de la nappe phréatique jaillit dans le puits à une profondeur d'environ 12 mètres au-dessous du sol. A l'époque romaine, il est possible que le niveau de l'eau ait été plus élevé. L'analyse chimique révéla une eau assez étrangère à la région: il s'agit d'une eau riche en soufre mais pauvre en calcaire, dont on remarque l'odeur caractéristique émanant du fond du puits.
Il est possible qu'à l'époque romaine, l'eau coulant de la colline de Kastelen ait répandu cette odeur particulière. C'est peut-être la raison pour laquelle elle fut captée dans un ouvrage aussi important. Et cela expliquerait aussi pourquoi un établissement de bains fut bâti à cet endroit. L'eau sulfureuse est réputée depuis l'Antiquité pour ses vertus thérapeutiques; le savant romain Plinius, par exemple, la recommandait pour soigner les maladies nerveuses.