Fouilles dans la Sichelenstrasse : premières conclusions
Entre avril 2023 et juillet 2025, dans la Haute-Ville d'Augusta Raurica, le long de la Sichelenstrasse, dans le champ « Im Wildental », une fouille de sauvetage d'environ 1000 m² a été réalisée dans le cadre d'un projet de construction. En raison de la profondeur de la fosse de construction, cela a offert une occasion rare de retracer toute la période de peuplement du site, depuis ses débuts au début du Ier siècle après J.-C. jusqu'à son abandon définitif à la fin du IIIe siècle après J.-C., en passant par de nombreuses phases de construction et de transformation, puis une occupation sauvage (réparation partielle de bâtiments en ruine, principalement pour y installer des ateliers).
Parmi les découvertes exceptionnelles, on compte un lieu de culte inconnu jusqu'à présent datant du Ier siècle après J.-C. ainsi que le canal maçonné du Rauschenbächlein, aujourd'hui disparu dans la vallée de Wildental, qui a été détourné lors de la construction de l'autoroute dans les années 1960. En outre, un tronçon de la route romaine a pu être documenté et au moins trois bâtiments ont été partiellement mis à jour, dont une maison en terrasse à la lisière nord de Wildental, qui disposait de pièces représentatives ornées de superbes peintures murales.
Les recherches montrent également que les Romains ont profondément modifié la topographie naturelle de la vallée de Wildental pour l'adapter à leurs besoins, en la nivelant, en la terrassant et en construisant des murs de soutènement. Certaines de ces mesures sont encore partiellement visibles aujourd'hui à la surface du terrain.
Le matériel trouvé – plus de 40 000 objets – comprend, outre de nombreux fragments de céramique et d'os d'animaux, un fragment d'inscription consacrée, plusieurs graffitis gravés dans le crépi des murs, des pièces de monnaie, des fibules et des bagues. Le remblayage du canal de Rauschenbach et du lit du ruisseau, où beaucoup de matériel a apparemment été perdu ou délibérément jeté, s'est avéré particulièrement riche. On note en particulier la présence d'environ 70 plombs éparpillés sur plusieurs dizaines de mètres. Ces plombs estampillés de noms servaient probablement d'étiquettes pour les marchandises ; le même nom – probablement Publius Rausius (?) – apparaît à plusieurs reprises. On ne sait pas encore s'il s'agit d'un lieu de production ou de livraison, ni pourquoi les plombs se sont retrouvés en si grand nombre dans le canal.
Un bref compte rendu des fouilles sera publié dans les prochains rapports annuels d'Augst et Kaiseraugst.